Cher lecteur,
Tu as sans doute vu se raréfier les billets par ici et ça se trouve tu as même oublié (ou jamais su, tiens) que moi, auteur de ce blog, je suis traductrice. (Une autre fois je te ferai l’épilogue des réactions à un tel aveu : Rhâ là là, drôle de métier ma bonne dame, vous parlez combien de langues ?)
Ce que je ne t’ai pas dit c’est que je travaille aussi dans le tourisme, ce monde parallèle moderne où parfois les gens, avides “d’aventures confortables” visitent à l’aveuglette les endroits connus mondialement.. les “best of” ou “1000 places to see before you die”…

Si le doute persiste, il faut juste savoir que le quartier Latin à Paris s’appelle ainsi car le latin était la langue d’usage à l’Université de la Sorbonne et autres temples du savoir voisins. En espagnol on dit Barrio Latino mais il n’a bien sûr rien à voir avec les latinos ! Un petit article simple si tu veux en savoir plus sur ce beau quartier parisien où j’ai la chance d’habiter. Il regorge de beauté, (et pas de reggaeton) et l’une de plus belles ouvres d’art que j’ai vues de ma vie est justement au Musée de Cluny, “La Dame à la Licorne”…
Et comme c’est le week-end et que j’adore les clichés quand ils sont le comble du ridicule, je vous laisse en musique (bon goût assuré !)
¡Hasta pronto !


Cher lecteur, tu as besoin d’une traduction, je sais. Tu tombes bien, car ta blogueuse colombienne est traductrice ! Elle tend sans cesse l’oreille dans ce pays, où l’on entend facilement parler créole partout.
- Recapitulons donc: mésyé, mésyé, mésyé (oui, dit trois fois d’affilé et souvent rapidement) est une expression pour dire et eh bien! ou eh ben dis donc!
- sé kisa? ou tout simplement kisa? veut dire non pas “qui c’est” mais “c’est quoi ?“. C’est très étrange de l’entendre tout le temps, on a l’impression que l’on parle de quelqu’un mais en fait non!
- et mon préféré : pé la! veut dire silence! j’imagine que cela vient de paix, en français.
Le créole parlé en Martinique est de base lexicale française, mais on retrouve de termes provenant aussi de l’anglais et de l’espagnol. Il est faux de croire que quand on parle français on peut comprendre le créole. On peut entendre des mots par ci par là mais quant à une vrai compréhension, tu rêves! La grammaire et la syntaxe n’ont rien à voir avec la grammaire française. Et c’est pas trop mal car la grammaire française fait ch!
Le créole est une langue intéressante et j’aime beaucoup les onomatopées ou petits bruits qui l’accompagnent, par exemple pour frapper chez quelqu’un on dit to to to! il y a aussi le tchip! flap! blip! wap! blogodo!
Certaines îles voisines, comme Sainte-Lucie, par exemple, parlent le même créole qu’en Martinique, même si Sainte-Lucie est une île anglophone.
Et si jamais vous avez vécu dans une grotte ces derniers temps et que vous ne faites pas partie des 136 millions de personnes dans le monde qui ont vu le clip de Rihanna, “man down”, je vous le laisse par ici, c’est un aperçu intéressant de l’ambiance des îles. Rompopopommmmm!
et ouste! j’y vais! bon week-end!!!
Pour ceux qui ne connaissent pas les “faux amis” (enfin, en linguistique, car dans la vrai vie, il paraît qu’ils sont nombreux) voici un exemple illustré!


Pour rappel la définition de faux ami:
[LINGUISTIQUE] Chacun des deux mots de langues différentes dont la ressemblance formelle suggère l’équivalence, mais qui présentent des différences de sens, de niveau de langue, etc., et ne peuvent être traduits l’un par l’autre. Les mots librairie et library sont des faux amis français-anglais car le mot anglais library désigne une bibliothèque et non une librairie, mot qui se traduit par bookshop ou bookstore en anglais.
Comme tu sais cher lecteur, je suis en Martinique, et toi qui crois que la vie est belle ici sache qu’il y a aussi des circonstances atténuantes, comme par exemple pas de Fnac, ni de Ikea, ni de Séphora. La librairie antillaise n’ayant pas une super offre et d’autant moins en VO, offre que même en métropole est déjà assez limitée. Bref, je galère pour trouver des livres en espagnol.
Oui, je sais, je peux commander sur internet, mais c’est vraiment plus cher et en plus, j’aime bien les librairies, moi! Ici les libraires pratiquent aussi des prix plus chers que ceux qui sont marqués sur le livre, mais passons…
Je raconte tout ça, car faute de trouver des livres en espagnol, j’ai fait une entorse à mes habitudes et j’ai lu un livre traduit depuis l’espagnol et c’est là que je suis tombée sur le faux ami en question:

Pour balancer jusqu’au bout, vous pouvez trouver cette perle et autres erreurs et coquilles dans la traduction du livre “L’oubli que nous serons” de Héctor Abad chez Gallimard. Je n’adhère pas non plus à la façon dont les phrases interminables typiquement espagnoles ont été traduites (par des phrases interminables atypiquement françaises) mais ça ce n’est qu’une question de goût et style personnel.
Si toi, cher lecteur, tu t’amuses aussi avec les traductions, va jeter un oeil au blog d’une traductrice drôle qui nous montre comment les sous-titres peuvent périmer aussi!
Plusieurs personnes m’ont demandé de continuer avec les faux-amis, ce qui me fais très plaisir! Alors si vous avez des idées de faux amis n’hésitez pas à me les dire via les commentaires ou le formulaire de contact! J’aime beaucoup qu’on m’écrive!
à très bientôt!
Maya
Petit retour sur la visite du navire colombien Gloria à la Martinique (que vous pouvez lire et regarder ici) pour vous raconter mon expérience d’interprète.
Je ne tiens pas à lancer un débat ici sur la possibilité d’être interprète quand on est traducteur. Les puristes diront que le traducteur travaille l’écrit, l’interprète l’oral, que ce sont deux activités différentes. J’ai un diplôme de traductrice, certes, mais moi, j’aime les langues, un point, c’est tout. Je les étudie de façon approfondie depuis (oh là ça ne va pas me rajeunir ça) 14 ans maintenant. A chaque moment de mon existence je veux apprendre des nouveaux mots. Je me suis même acheté un guide de poissons de la Caraïbe, comme ça, quand je fais un peu d’apnée je regarde les animaux sous l’eau et.. J’apprends des nouveaux mots aussi !! Connaissez-vous le poisson-coffre et le beau Grégoire ?
Alors être interprète pour le Gloria, m’a paru la chose la plus naturelle du monde.

Le capitaine avait trois rendez-vous diplomatiques : l’amiral, le représentant du préfet et le maire. Je n’ai pas assisté au premier car je m’occupais de la presse le matin. Pour les deux autres, le moins que je puisse dire c’est que l’expérience était intéressante, agréable et qu’elle m’a permis de me rendre compte de mes talents (ahem, ahem, je me jette des fleurs).
Les personnes à qui nous avons rendu visite avaient très peu de temps pour recevoir le capitaine mais elles étaient en même temps intriguées et surprises par cette rencontre singulière. Ce n’est pas tous les jours qu’ils reçoivent un capitaine colombien, au commandement d’un trois-mâts barque, chargé de café, bouteilles de rhum et autres cadeaux sympathiques. Les premiers mots qu’ils se sont échangés étaient en anglais, mais très vite chacun est passé à sa langue maternelle.

Comme on avait peu de temps j’ai dû traduire presque en même temps que chacun parlait, un exercice difficile mais très intéressant. Le niveau de concentration était à son comble ! Le plus beau moment a été celui où le maire de Fort-de-France, en donnant au capitaine la médaille de la ville, lui a parlé d’Aimé Césaire et de la négritude. On était au même bureau où Césaire avait travaillé, son portrait souriait près de nous. C’était beau !
Monsieur le maire, très décontracté, m’a aussi posé des questions à moi, sur ma vie en Martinique, alors après je parlais de moi et je traduisais ce que je disais pour le capitaine, he he. En résumé, de cette mission je dirais que je m’en suis très bien sortie, malgré les quelques passages où les mots techniques du bateau m’ont un peu désorientée (trinquetilla, trinquete…)
En tous cas, j’étais très heureuse de pouvoir participer à la belle mission du Gloria et que, ne serait-ce qu’un instant, on puisse avoir une image différente de celle que les médias montrent de la Colombie. Je rêve aussi du jour où l’on ne connaitra que des belles images de mon pays, parce qu’il sera, enfin et pour toujours, un pays en paix.

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Je suis Colombienne, traductrice, expatriée, enchantée de vous croiser ! Eldorado c'est le pays des rêves que je suis partie chercher, après Bordeaux et la Martinique me revoilà à Paris !La newsletter de Maya
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