…De même que certains ont pour habitude, au saut du lit, de noter leurs rêves avant qu’ils s’évanouissent, Italo Calvino avait une manie singulière : il aimait à griffonner sur des feuilles volantes des descriptions de cités tout droit sorties de son imagination. Quelle que soit l’impression qui frappait son esprit -une exposition de peinture, une conversation avec un ami, la rencontre d’une femme-, il était capable de la traduire dans le langage de l’architecture, de la transposer en ville. Ensuite, il rangeait cette feuille dans une pochette de carton spéciale. A la fin de son existence, Calvino décida de rassembler cette collection de descriptions en un recueil “Les villes invisibles”. Dans la préface de 1983 à ce livre inclassable, l’auteur explique qu’il sentait venir une “crise de la vie urbaine” de vaste ampleur, qu’il prévoyait qu’une interrogation sur la vacuité de l’existence traverserait de façon imminente la chaîne de mégalopoles mondiales. C’est pour se prémunir contre une telle crise qu’il voulait mobiliser es ressources de la poésie et chanter les charmes de la condition citadine.

paris1 La photo du dimanche #11 avec Instagram : Paris, la ville invisible

Dans cette même préface, il précise aussi que les villes qu’il a imaginées ne sont pas déconnectées du monde réel mais se rapprochent toutes, d’une manière ou d’une autre, de villes qu’il a effectivement visitées. Une telle indication autorise les comparaisons. Ainsi pour ma part, vois-tu, j’ai le sentiment que Paris ressemble un peu à Valdrada, qui est construite au bord d’un lac dans les eaux duquel elle se reflète, si bien que ses habitants ne vivent que pour la beauté de leur image projetée sur les eaux du lac – “même quand les amants donnent libre cours aux caresses de leurs corps dénudés, peau contre peau, ils cherchent à se positionner l’un par rapport à l’autre” pour avoir l’apparence la plus flatteuse qui soit, et les assassins aussi ont soin de plonger avec toute la théâtralité requise leurs couteaux dans le ventre de leurs victimes. Mais Paris m’évoque aussi Cloé, cité ou personne ne se parle ni ne se fréquente, les gens se contentant de se regarder à la dérobée, de s’effleurer, préférant se fantasmer les uns les autres plutôt que d’entrer en contact. Quant à Anastasia, elle a le pouvoir, affabule encore Calvino, d’éveiller chez l’étranger qui y arrive tous les désirs d’un seul coup, de telle façon qu’il se trove comme encerclé, étranglé par la ronde de ses propres convoitises, ne sachant laquelle satisfaire en premier et se trouvant, par là même, neutralisé – et c’est bien l’un de paradoxes fondamentaux de Paris, ville de plaisir où il semble néanmoins que, par un mystérieux décret, on doive être exclu de la jouissance omniprésente.

Alexandre Lacroix, Voyage au centre de Paris.

Viens retrouver d’autres photos du dimanche sur mon Instagram ♥
ig badge 48 La photo du dimanche #11 avec Instagram : Paris, la ville invisible

Maya

loading La photo du dimanche #11 avec Instagram : Paris, la ville invisible hellocoton La photo du dimanche #11 avec Instagram : Paris, la ville invisible

L’un des plus beaux moments quand on ne sait plus où on va c’est sans doute quand on trouve quelque chose qu’on croyait perdue, ou quand tout d’un coup un panneau innatendu nous montre le chemin !!

lamer La photo du dimanche n° 10 : L’errance

[...] – Mais vous voyez, Le Bateau ivre de Rimbaud “Comme je descendais de fleuves impassibles, je ne me sentis plus guidé par les haleurs”… C’est extraordinaire ce poème, c’est prodigieux, cela résume une errance qui se termine bien. Je pense que c’est le privilège des artistes, des créateurs de religions et puis peut être de certains individus, que cela puisse se terminer bien.

- J’ai une chance alors ?

Le docteur Grivois ne répondit pas, Il continuait.

- Les errants sont extrêmement séduisants, je veux dire qu’ils ont quelqlue chose… Ils sont à la fois dans l’emerveillement, ils rayonnent, et ils ont peur. Pas toujours, il ne faut pas généraliser, dit-il en souriant.

J’étais averti.

Extrait tiré d’Errance de Raymond Depardon

Bon dimanche et belle route !

Maya

loading La photo du dimanche n° 10 : L’errance hellocoton La photo du dimanche n° 10 : L’errance
 

Cher lecteur,

Tu as sans doute vu se raréfier les billets par ici et ça se trouve tu as même oublié (ou jamais su, tiens) que moi, auteur de ce blog, je suis traductrice. (Une autre fois je te ferai l’épilogue des réactions à un tel aveu : Rhâ là là, drôle de métier ma bonne dame, vous parlez combien de langues ?)

Ce que je ne t’ai  pas dit c’est que je travaille aussi dans le tourisme, ce monde parallèle moderne où parfois les gens, avides “d’aventures confortables” visitent à l’aveuglette les endroits connus mondialement.. les “best of” ou “1000 places to see before you die”…

Sorbonne couleur petit1 Paris latino
maya guide1 Paris latino

maya guidec21 Paris latino

maya guidepetit004 Paris latino

Si le doute persiste, il faut juste savoir que le quartier Latin à Paris s’appelle ainsi car le latin était la langue d’usage à l’Université de la Sorbonne et autres temples du savoir voisins. En espagnol on dit Barrio Latino mais il n’a bien sûr rien à voir avec les latinos ! Un petit article simple si tu veux en savoir plus sur ce beau quartier parisien où j’ai la chance d’habiter. Il regorge de beauté, (et pas de reggaeton) et l’une de plus belles ouvres d’art que j’ai vues de ma vie est justement au Musée de Cluny, “La Dame à la Licorne”…

Et comme c’est le week-end et que j’adore les clichés quand ils sont le comble du ridicule, je vous laisse en musique (bon goût assuré !)

¡Hasta pronto !

loading Paris latino hellocoton Paris latino
 

Question :  Que faire quand on en a ras-le-bol de l’hiver, que les vacances semblent loin derrière et loin devant ?

Réponse : On essaie de tuer le temps et l’hiver comme on peut..

sang froid2 Lhiver vous glace le sang ?

Coucou le cliché, avec guillotine et tout, je vous salue, par ce froid mois de janvier, mes chers (et peut être congelés) lecteurs !!

En France, on est au point fatidique du milieu de l’hiver, c’est long, c’est froid, tout le monde rêve de soleil !

J’ai commencé ce dessin quand la neige avait recouvert le tout Paris, et là lorsqu’il est prêt, point de neige, juste de la pluie, continuelle, glaçante, envahissante pluie. Tout à fait moi tout ça, je ne suis jamais vraiment dans l’actualité. Heureusement que je ne travaille plus pour la presse…

Je vous mets quand même une photo de chez moi à Paris la semaine dernière (en exclu !) sous la neige.

maison Lhiver vous glace le sang ?

Sur ce, je vous laisse, je vais me faire le 10ème thé de la journée, et souvenez-vous que…

Ce n’est pas parce qu’en hiver on dit “fermez la porte, il fait froid dehors”, qu’il fait moins froid dehors quand la porte est fermée.

à très vite !

loading Lhiver vous glace le sang ? hellocoton Lhiver vous glace le sang ?
   Beat diabetes   Diabetes diet